Lorsqu’il s’agit de faire le buzz, la nouvelle vague de rappeurs sait se montrer ingénieuse. Nous n’allons pas parler ici d’une stratégie du clash, pourtant très répandue et efficace. Comme nous l’ont montré Booba, expert en la matière en France. Mais aussi 6IX9INE à l’international, au destin plus tragique, derrière les barreaux pour l’année 2019 et de nombreuses autres.

Nous allons nous attarder ici sur une stratégie marketing digital différente et très efficace dans le milieu du rap.

Cette stratégie se nomme le First Mover Advantage, elle consiste comme son nom l’indique à être le premier à investir un nouveau canal de communication, avant tout le monde.

Dj Khaled, superstar de snapchat

Nous avons de nombreux exemples de réussites fulgurantes grâce à cette stratégie.

Prenons le cas de Dj Khaled et Snapchat, il a créé un compte sur le réseau dès ses débuts et est devenu une des figures de la plateforme avec plus de 2 millions d’abonnés. Avec plusieurs de dizaines de stories par jour, ce moyen lui a permis d’affirmer sa notoriété, il a même annoncé la naissance de son premier enfant sur la plateforme. Lors de l’ajout de la fonctionnalité stories sur Instagram, ce dernier n’a pas hésité à rapidement migrer vers l’application concurrente. Encore un mouvement malin de la part du DJ américain qui bénéficie de la croissance exponentielle d’Instagram et ses stories. En effet, selon Business Insider, en juin 2018 déjà 400 millions d’utilisateurs Instagram utilisent la fonction story. Rappelons qu’à la même date Snapchat comptait au total moins de 200 millions d’utilisateurs.

Soulja Boy, rap et growth hacking

Pour certains, leurs succès ne reposent que sur cette approche, Soulja Boy est un des meilleurs exemples. En effet, le rappeur, superstar des années fin 2000 début 2010 est de ceux qui ont explosé avec ces techniques.

Dès 2006, il choisit d’être très présent sur tous les réseaux sociaux novateurs, chose rare à cette époque. Il crée une chaîne Youtube, où déjà, il partage des vidéos à but viral, mettant notamment en avant ses pas de danse, inventés pour ses musiques. Il se fait un nom en étant actif sur Soundclick, réseau social dédié à la musique sur lequel on peut acheter les morceaux et qui récompense les hits les plus populaires. Et surtout sur Myspace où il n’hésite pas à être très actif.

Sa stratégie la plus efficace, repose sur une technique de Growth Hacking. En 2007, voyant la croissance exponentielle des logiciels de téléchargement, le rappeur originaire de Chicago décide de l’utiliser à son avantage, là où tous les artistes du moment voyaient cela comme un gros frein pour leurs carrières.

Limewire étant de loin la plateforme la plus populaire. Il décide de lui-même, mettre son hit le plus populaire, « Crank That » mais de renommer le fichier par le nom de toutes les musiques tendances du moment, en passant de 50 cent à Britney Spears.

Évidemment, il répète plus d’une trentaine de fois son nom et le nom du titre dans sa musique, avec un refrain construit pour vous rester en tête toute la journée. Ainsi, en quelques semaines, « Crank That » devient viral, et se classe premier au billboard hot 100. Aujourd’hui Soulja Boy est considéré comme l’un des rappeurs les plus riches de sa génération, avec dernièrement, un deal de 400 millions de dollars avec la World Poker Fund Holdings. Les exemples sont nombreux, nous pouvons également citer le regretté A$ap Yam$ qui était l’un des premiers à promouvoir son collectif sur la plateforme Tumblr, ce qui a notamment permis de mettre en lumière le désormais établi A$ap Rocky et plus généralement le A$ap Mob. Wiz Khalifa, dans un cas assez similaire à Soulja Boy, qui a lui aussi très tôt été actif sur les réseaux sociaux. Pour finir, nous pouvons citer toute la vague qualifiée de « rappeurs soundcloud » dont ont émergé les tristement disparus xxxtentacion et lil peep.